Article d’Anita Nardon, critique d’art,

dans Bruxelles News ; Numéro 540 du 26 août
2009
http://www.bruxelles-news.be/

TENDRESSE ET TANGO

C’est la sympathique Leonor Villagra et son asbl Nazca
qui annoncent cette grande manifestation. Nazca défend le tango parce que le
tango est une danse et un phénomène social.

À la fin du XIXè siècle Rio de la Plata est aussi « mélangée »
que les grandes

villes actuelles. On disait : les Mexicains descendent des
Aztèques, les Péruviens des Incas et les Argentins descendent…du bateau.

Parmi cette population il y avait beaucoup d’Européens
dont une majorité d’Italiens (tiens, donc !) mais aussi des esclaves noirs
d’Afrique que l’on enfermait pour qu’ils ne s’échappent pas dans un lieu fermé,
appelé tango en langue kongo. Ils y faisaient de la musique rythmée par des
tambours !

L’esclavagisme a disparu mais le nom est resté, le tango
s’est frotté à l’Europe où il avait « mauvais genre » pour beaucoup.

Des musiciens mondialement connus en ont répandu les
rythmes et la pratique qui se distinguait en trois rythmes: tangos, milongas et
valses, puis il y eut fusion-adaptation.

Je résume car l’histoire du tango est complexe et
présente ce phénomène étrange : les jeunes mondains pour s’encanailler avaient
adopté ce rythme, manière de se moquer des noirs… et la danse est passée des bas-fonds
à la bourgeoisie. Le tango est devenu parfois danse de salon !

Le genre a eu ses compositeurs particuliers et ses
danseurs de légende dont le couple Vincent et Maryline (à Bruxelles en 2007)/ Enrique
Santos Discepolo a écrit : Le tango est une pensée triste qui se danse.

En découvrant les tableaux des participants à la fête à
Etterbeek je ne pense pas que ce soit si triste…

Dans cet ensemble, une bonne vingtaine d’artistes qui
vont du bijou précieux (De Bruyn-Renard) au tableau brûlant (Jo Lorente et
Leonor Villagra) de la danse rythmée (Erna Wrobbel) à celle plus saccadée de
Mario Villaggi… chacun y trouvera son bonheur.

Anita NARDON

Du 26/9 au 4/10/2003
– GC De Maalbeek, rue du Cornet 97, 1040 Bruxelles


Article d’Anita Nardon, critique d’art,

dans

Prestige, Beauté & Elégance N° 176 – 15 septembre 2009 pag:27